Jobbing, un nouveau modèle en marche

Venu des Etats-Unis, le jobbing a débarqué en France en 2012
et s'apprête à s'imposer comme un acteur clé dans la création d'emplois.

Rien ne sert de se voiler la face : nos sociétés sont en pleine mutation. La question n'est plus de s'interroger sur l'acceptation ou non de ces changements, mais plutôt de savoir comment monter à bord de ce train en marche.

Car « nous assistons à une troisième révolution industrielle qui marquera l'émergence d'un nouveau modèle économique », a affirmé l'Américain Jeremy Rifkin dans un récent entretien accordé au quotidien Le Monde. L'économiste précise que ce système sera « fondé sur le partage et les communautés collaboratives ». Les mots sont lâchés !

Les jalons de ce futur modèle sont actuellement en train d'être posés. Eh oui, plusieurs secteurs sont touchés par le phénomène : l'hébergement touristique avec le mastodonte AirBnb, les transports représentés par BlablaCar, Uber ou encore Autolib, mais aussi l'industrie musicale avec par exemple MyMajorCompagny.

Jobbing

De TaskRabbit à Jemepropose.com

Les sites de Jobbing

La tendance est encore récente puisque le mouvement est apparu il y a à peine six ans aux Etats-Unis avec Runmyerrand renommé TaskRabbit. L'idée est de mettre en relation des particuliers pour réaliser de petits boulots de la vie quotidienne. A l'origine, la créatrice du site, Leah Busque, était simplement à la recherche d'une perstonne pour aller acheter des croquettes pour son chien… Depuis, le concept a bien grandi et compterait plus d'un million de membres. Le jobbing est né.

Zaarly a emboîté le pas en 2011. A ses débuts, cette place de marché invitait les particuliers à poster des requêtes expliquant ce dont ils avaient besoin, pour quand et surtout à quel prix ils souhaitaient payer ces services. Le projet a particulièrement séduit les investisseurs – parmi lesquels le célèbre Steve Jobs d'Apple – qui ont lâché un million de dollars.

Six mois après sa naissance, alors que la start-up employait 30 personnes et qu'elle comptait 10.000 utilisateurs, elle parvenait à lever 14,1 millions de dollars auprès de Kleiner Perkins Caufield & Byers et de Stands Capital. L'intérêt pour ce type de concepts ne fléchit pas. Bien au contraire : en août 2014, c'est au tour du géant Google Capital d'afficher son enthousiasme en injectant 100 millions de dollars dans Thumbtack, un site américain conçu pour aider le quidam à trouver des services professionnels divers et variés près de chez lui. Loin d'être un phénomène éphémère, le jobbing semble donc s'ancrer dans le paysage numérique à coup de billets verts.

Devant la nécessité croissante pour de nombreux ménages d'arrondir leurs fins de mois, la France expérimente aussi cette nouvelle voie depuis 2012. Plusieurs marques ont fait leur apparition sur la Toile dont Jemepropose.com, qui se positionne comme le référent du genre au sein de l'Hexagone. Le site enregistre près de 2 millions de pages vues par mois, 150.000 membres et plus de 60.000 annonces. Fin 2013, 46 % d'entre elles concernaient le service à la personne. Un secteur dont la masse salariale était composée à hauteur de 90 % de femmes en 2010, rappelle l'Insee.

Les femmes à l'assaut du jobbing

Les femmes à l'assaut du jobbing

Rien d'étonnant donc à ce que la gent féminine compose la majeure partie des annonceurs de Jemepropose.com. Elles représentent à elles seules 64 % des membres. Et pour cause, alors qu'elles sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, elles font pourtant face à des inégalités. Leurs salaires se révèlent généralement inférieurs à ceux des hommes et elles ont davantage de temps partiel subi. Toujours d'après l'Insee, en 2013, 30 % des femmes travaillaient en temps partiel et 30 % d'entre elles ne l'avaient pas choisi.

Aux côtés de Jemepropose.com, d'autres sites se lancent sur cette thématique, parmi lesquels YoupiJob, Frizbiz, iFastAsk ou encore MonAbeille. Chacun tente d'apporter l'outil le plus adaptés aux demandes de ces salariés, étudiants ou retraités en quête de quelques heures de travail, pour compléter un contrat ou une activité en parallèle. Sur jemepropose.com par exemple, plus de 64 % des annonceurs se présentent comme des particuliers, tandis que près de 8 % affichent un statut d'auto-entrepreneur.

Le recours à ces plateformes de mise en relation devrait prendre de l'ampleur dans les années à venir. D'autant plus que de multiples franchises ont recours à des vendeurs à domicile indépendants (VDI) ou des auto-entrepreneurs pour ne plus supporter les contraintes des contrats de travail traditionnels. En 2013, la fédération de la vente directe (FVD) recensait plus de 400.000 VDI en France, contre 83.000 en 1993. Le secteur a généré 3,7 milliards d'euros de chiffres d'affaires en 2011. Et d'après les estimations, ce sont quelque 200.000 emplois en VDI qui pourraient être créés d'ici 2020.

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